Guide
Ce que l'Ordre autorise sur un site de dentiste
Beaucoup de praticiens se privent d'un vrai site par crainte de l'Ordre. Depuis 2020, les règles ont changé, et elles sont plus simples qu'on ne le croit : l'information est autorisée, la publicité ne l'est pas. Voici la ligne, point par point.
Le principe depuis le décret du 22 décembre 2020
Le code de déontologie des chirurgiens-dentistes (articles R.4127-201 et suivants du code de la santé publique) a été modifié par un décret du 22 décembre 2020. Avant, tout procédé de publicité était interdit, et le site internet était toléré dans des limites très étroites. Depuis, le praticien est libre de communiquer au public, par tout moyen y compris un site internet, des informations qui aident le patient à choisir : compétences et pratiques professionnelles, parcours, conditions d'exercice.
Cette liberté a des conditions, toujours les mêmes : la communication doit être loyale et honnête, ne pas faire appel à des témoignages de tiers, ne pas reposer sur des comparaisons avec d'autres praticiens, ne pas inciter à des soins inutiles, ne pas porter atteinte à la dignité de la profession, ne pas induire le public en erreur.
Ce que vous pouvez publier
- Vos soins, décrits soin par soin : déroulé, nombre de séances, suites, alternatives. C'est de l'information, et c'est ce que les patients cherchent.
- Vos honoraires, ou des fourchettes claires. L'information sur les honoraires est une obligation ; l'afficher en ligne est une bonne pratique qui rassure.
- Votre parcours : diplômes, formations, titres reconnus, années d'exercice, domaines de pratique.
- Votre cabinet : photos des locaux, plateau technique, équipe, accès, horaires, langues parlées, accessibilité.
- Des contenus d'information : explications sur une pathologie, un soin, la prévention, à condition qu'ils restent justes et mesurés.
- Une fiche Google complète, avec photos et horaires, et des réponses aux avis existants.
Ce qui reste interdit
- La publicité payante : annonces Google, campagnes sur les réseaux sociaux, encarts, achat d'espace. C'est la ligne rouge, et c'est ce qui met le référencement au premier plan.
- Les témoignages de tiers : citations de patients, vidéos de patients, notes d'avis reprises dans votre communication ou affichées sur votre site. Répondre à un avis sur Google reste possible, dans le respect du secret professionnel.
- Les comparaisons avec d'autres praticiens ou établissements : « le meilleur cabinet de la ville », « moins cher que… ».
- Les photos avant/après et tout ce qui peut inciter à un soin qui n'est pas nécessaire.
- Les promesses de résultat, y compris « garanti à vie » ou « sans douleur ».
- La publicité pour un tiers : marque d'implant, laboratoire, entreprise, y compris le fait de donner votre nom à un témoignage pour un prestataire.
Les cas qui posent question
Les avis Google
Vous ne les contrôlez pas. Aucun article du code n'interdit d'en demander un, mais l'Ordre a demandé en 2025 la suppression des avis sur les praticiens, et les reprendre dans votre communication en ferait des témoignages de tiers, ce qui est interdit. Vous pouvez y répondre, brièvement et courtoisement, sans jamais confirmer qu'une personne est votre patiente ni parler de son soin : le secret médical s'applique. Un avis manifestement faux ou diffamatoire peut être signalé à Google.
Le titre de « spécialiste »
Seuls les titres reconnus (par exemple spécialiste qualifié en orthopédie dento-faciale, en chirurgie orale ou en médecine bucco-dentaire) peuvent être affichés comme tels. Un praticien qui pratique l'implantologie peut le dire, sans se présenter comme « spécialiste en implantologie ».
Le nom du cabinet
Un nom de cabinet ou d'établissement est possible, à condition qu'il ne soit pas trompeur ni publicitaire. En cas de doute, votre Ordre départemental répond aux questions avant publication.
Le référencement lui-même
Travailler la place de votre site sur Google n'est pas de la publicité : c'est rendre trouvable une information autorisée. En revanche, personne ne peut vous garantir une position, et un prestataire qui le promet vous met en difficulté. Nous ne promettons jamais une position, nous mesurons.
Ce que ça change pour vous
Un site conçu dans ce cadre n'est pas un site timide. C'est un site complet, précis, honnête, avec vos soins, vos honoraires, votre équipe et votre façon de travailler. C'est exactement ce que Google classe le mieux et ce que les IA citent. Voir comment nous concevons un site de cabinet dentaire et comment nous travaillons votre fiche Google.
Ce guide est une lecture pratique du code de déontologie, pas un avis juridique. Pour une situation précise, votre Ordre départemental reste l'interlocuteur.
Sources
Ce guide s'appuie sur ces textes et documentations officiels, relus le 27 septembre 2026.
- Légifrance : décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020 sur la communication professionnelle des chirurgiens-dentistes
- Légifrance : article R.4127-215-1 du code de la santé publique
- Ordre national des chirurgiens-dentistes : Communication professionnelle des chirurgiens-dentistes
- Conseil d'État : décision n° 420225 du 6 novembre 2019
Sur le blog
Nos articles sur ce sujet.
Déontologie et réseaux sociaux du dentiste : ce que l'Ordre écrit, article par article
Les articles du code de déontologie qui encadrent un compte de cabinet, cités mot pour mot, la force exacte des trois sources de l'Ordre, et la liste de ce qui n'est écrit nulle part.
Lire l'article ArticleQue publier sur l'Instagram d'un cabinet dentaire : la liste de ce qui est autorisé
Dix publications qu'un cabinet dentaire peut publier sur Instagram, la raison de leur conformité, et les conseils courants qui mettent le praticien en faute.
Lire l'article ArticleDentiste influenceur : ce que l'Ordre autorise, et ce qui fait basculer en faute
La grille de l'Ordre pour un dentiste influenceur : oui à titre strictement privé, oui sous condition à titre professionnel, non dès qu'un des procédés listés apparaît.
Lire l'article ArticleHonoraires sur le site du cabinet dentaire : ce que la loi impose et comment les présenter
L'obligation d'informer sur les honoraires, les actes à afficher selon l'arrêté de 2018 et l'Ordre, et le modèle d'une page claire avec un tableau daté.
Lire l'articleQuestions fréquentes
Ce qu'on nous demande sur ce sujet.
Un dentiste a-t-il le droit d'avoir un site internet ?
Oui, sans restriction de principe depuis le décret du 22 décembre 2020. Le site doit présenter une information loyale et honnête, sans témoignages de tiers, sans comparaison et sans incitation à des soins inutiles.
Un dentiste peut-il afficher ses honoraires en ligne ?
Oui. L'information sur les honoraires est une obligation, et l'afficher sur le site est une bonne pratique : elle rassure le patient et elle aide Google et les IA à comprendre votre offre de soins.
Un dentiste peut-il faire de la publicité sur Google ?
Non. L'article R.4127-217 II interdit d'obtenir, contre paiement ou par tout autre moyen, un référencement qui fait apparaître votre information de manière prioritaire : une annonce Google achetée entre exactement dans ce cas. Le décret du 22 décembre 2020 a retiré du code l'interdiction générale de la publicité, mais pas celle-là. L'information, elle, est autorisée : c'est sur elle que repose le référencement naturel.
Un dentiste peut-il demander des avis à ses patients ?
Aucun article du code de déontologie ne l'interdit, contrairement à ce qu'on lit souvent. Ce que le code interdit, c'est de mettre en avant des témoignages de tiers dans votre communication, et l'Ordre a demandé en 2025 la suppression des avis sur les praticiens. La conduite prudente est de ne rien organiser, et de répondre aux avis existants dans le respect du secret professionnel.
Et maintenant
Parlons de votre cabinet.
Le plus simple est de demander votre diagnostic : vous verrez votre place réelle sur Google, sur la carte et dans les IA, et nous la commentons ensemble en visio.
Sans engagement.