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Que publier sur l'Instagram d'un cabinet dentaire : la liste de ce qui est autorisé

Que publier sur l'Instagram d'un cabinet dentaire quand les témoignages de patients sont écartés par l'Ordre ? Cet article donne la liste de ce qui reste publiable, avec pour chaque idée la raison de sa conformité, et le point le plus délicat : le patient filmé au cabinet.

Blog DeveloppIA · Publié le · 7 min de lecture

Cherchez « que publier sur Instagram quand on est dentiste » et vous tomberez sur les mêmes idées. Un témoignage de patient. Une capture d'un avis à cinq étoiles. Les coulisses du cabinet, filmées entre deux rendez-vous.

Ces idées ont un défaut commun : les textes de l'Ordre les écartent. Le témoignage de tiers est fermé par le code lui-même, les notations et la mise en scène de la vie privée par les recommandations du Conseil national et les Lettres de l'Ordre. Le praticien qui les suit publie de bonne foi un contenu qui l'expose.

La bonne question n'est pas quoi publier pour plaire à l'algorithme, mais ce qui reste quand le cadre est respecté. Il reste beaucoup : au premier semestre 2025, une personne sur deux en France a effectué au moins une recherche via un réseau social, sur un échantillon de 3 000 personnes de 15 à 80 ans (Médiamétrie, 2025).

La règle en une phrase, et les trois limites qui la bordent

Un chirurgien-dentiste peut publier tout ce qui informe, et rien qui vende. C'est la ligne posée par l'article R.4127-215-1 du code de la santé publique : le praticien « est libre de communiquer au public, par tout moyen, y compris sur un site internet ». Un réseau social est un de ces moyens.

Le même article pose trois limites, et ce sont elles qui ferment les idées répandues. La communication « ne fait pas appel à des témoignages de tiers ». Elle ne comporte pas de comparaison avec d'autres praticiens ou établissements. Elle « n'incite pas à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins ».

Aucun article du code ne nomme Instagram, Facebook ou TikTok. L'Ordre encadre le contenu, il ne valide aucune plateforme. Le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020 a élargi l'information et maintenu l'interdiction de la publicité, comme l'expliquent notre guide sur ce que l'Ordre autorise sur un site de dentiste et notre article sur les leviers de visibilité qui restent autorisés.

Dix publications autorisées, avec la raison de leur conformité

Voici ce qu'un cabinet peut publier, et pourquoi chaque idée tient.

  1. La présentation d'un praticien : parcours, diplômes, titres et fonctions reconnus par le Conseil national. Une autre formation peut être citée, suivie de la mention qu'il ne s'agit ni d'une spécialité ni d'un diplôme reconnu. Voir nos mentions autorisées sur un site de dentiste.
  2. Les horaires, l'accès, le stationnement, l'accessibilité. Ce sont des conditions d'exercice, autorisées « sans valorisation et sans comparaison », disent les recommandations du Conseil national.
  3. Le déroulé d'un soin, étape par étape : durée, nombre de séances, suites, alternatives. Le praticien peut décrire les actes qu'il pratique, sans annoncer un résultat.
  4. La prévention : brossage, dentifrice fluoré, alimentation, rythme des contrôles. L'article R.4127-215-1 II autorise les informations « scientifiquement étayées », formulées « avec prudence et mesure ».
  5. Le renvoi vers votre page honoraires. L'article R.4127-240 II impose une information « claire, honnête, précise et non comparative ». Cette obligation se remplit sur le site, et une publication y renvoie : voir les honoraires sur le site du cabinet dentaire.
  6. Les modes de paiement et l'accès aux soins sans discrimination, complémentaire santé solidaire comprise. L'article R.4127-240 II demande une information sur « les modes de paiement acceptés » et sur « l'accès de toute personne à la prévention ou aux soins sans discrimination ».
  7. L'équipe : prénoms et fonctions, avec l'accord des personnes. La photo du praticien et de l'équipe fait partie des éléments admis.
  8. Le plateau technique décrit en faits : ce que fait l'appareil, pourquoi il est utilisé, dans quel cas. Les équipements peuvent être présentés, sans valorisation ni comparaison.
  9. La conduite à tenir en urgence : dent cassée, douleur la nuit, qui appeler. L'article R.4127-215-3 encadre l'information du public à caractère éducatif ou sanitaire : le praticien « ne fait état que de données confirmées » et ne vise pas à « tirer profit de son intervention ».
  10. L'annonce d'un changement : arrivée d'un associé, transfert, nouveaux horaires. L'article R.4127-219 la permet « sur tout support qui ne soit pas commercial, à une fréquence de parutions raisonnable ».

Une onzième idée règle un malentendu. Un praticien qui concentre son activité sur certains actes peut le dire, avec la formule imposée par les recommandations : « oriente/limite sa pratique aux actes d'orthodontie ». Trois spécialités seulement existent : orthopédie dento-faciale, chirurgie orale, médecine bucco-dentaire. En dehors d'elles, c'est la seule formulation correcte.

Le filtre à passer avant chaque publication

Une idée conforme peut devenir un manquement à l'exécution. Six vérifications suffisent :

  • aucun patient reconnaissable, ni à l'image, ni dans un commentaire ;
  • aucune marque de produit ou de dispositif médical visible ;
  • aucun tarif mis en avant, aucun montant barré, aucune contrepartie ;
  • aucun superlatif, aucune comparaison, aucun résultat annoncé ;
  • aucun témoignage, aucune note, aucune capture d'avis ;
  • la validation écrite du praticien avant la mise en ligne.

Cette validation est le coeur de notre méthode : le cabinet n'écrit rien, ne dessine rien, ne monte rien, ne publie rien. Pour une vidéo, le praticien enregistre un mémo vocal sur un texte que nous préparons. Sur les quatre vidéos que nous avons produites, la parole tient entre 33 et 39 secondes : deux vidéos font donc moins de deux minutes de parole, plus une relecture par publication, que nous ne chiffrons pas faute de l'avoir chronométrée.

Les conseils courants qui exposent le cabinet

Ces conseils se lisent partout. Pris au mot, ils exposent le praticien.

Conseil courantCe que disent les textesÀ publier à la place
Un témoignage de patientLa communication « ne fait pas appel à des témoignages de tiers » (R.4127-215-1 I)Le déroulé du soin, expliqué par le praticien
Une capture d'avis, une note, des étoilesLes recommandations écartent les « notations » ; le code ne les nomme pasLes avis restent sur la fiche Google, sans reprise
Les coulisses, vie privée et cabinet mélangésLa Lettre de l'Ordre 196 range en non « la mise en scène entre sa vie privée et sa vie professionnelle »Le métier en faits : un acte, un appareil, une étape
Une accroche forte pour retenir l'attentionLa Lettre 196 proscrit « la recherche du sensationnel »Une accroche factuelle : la question des patients
Une marque de produit visible à l'imageEst interdite « toute publicité intéressant un tiers ou une entreprise industrielle ou commerciale » (R.4127-225)Le geste, sans nom de marque
Un jeu-concours pour gagner des abonnésLa Lettre 196 range en non cadeaux et jeux-concoursUne publication d'information, sans contrepartie

Les photos avant et après ne sont pas traitées ici : leur statut exact demande une page entière.

Filmer au cabinet : le patient ne doit jamais être identifiable

C'est le point le plus dur, et celui que les pages du marché traitent en une ou deux phrases. Les recommandations sont pourtant explicites : « Dès lors qu'un patient est filmé au sein d'un cabinet dentaire, il ne doit en aucun cas être identifiable. Son visage doit être flouté même si le patient souhaite donner une autorisation expresse de diffusion de son image. »

Lisez la fin de la phrase deux fois. L'autorisation du patient ne suffit pas. Le secret professionnel, posé aux articles R.4127-206 et R.4127-208, est un principe dont le patient ne peut pas délier son praticien. Les recommandations l'écrivent ainsi : « un chirurgien-dentiste ne pourrait diffuser sur des réseaux sociaux des vidéos de ses patients reconnaissables sans violer le secret professionnel ». Elles sont sur la page de l'Ordre consacrée à la communication professionnelle des chirurgiens-dentistes.

En pratique : cadrage sur les dents seules, aucun visage, aucun signe distinctif, aucune voix reconnaissable. Sont aussi cités comme manquements les radiographies, photographies ou copies d'écran permettant de reconnaître un patient, et le fait de répondre à un avis nominatif et identifiable. Pour vos salariés, la règle diffère : leur image relève de leur accord écrit, pas du secret.

Ces publications peuvent sortir dans Google

Les publications et les vidéos publiques d'un compte professionnel peuvent être indexées par Google et par Bing, à trois conditions : être majeur, avoir un compte public et un compte professionnel. Une publication qui explique la pose d'un implant peut donc apparaître dans Google, à côté de votre site et de votre fiche. Nous détaillons le réglage et ce qu'il couvre dans Instagram indexé par Google.

Ce que les textes ne disent pas

Sur beaucoup de questions pratiques, il n'existe aucune règle ordinale. Rien n'est écrit sur la fréquence de publication, sur la musique, sur le nombre d'abonnés, ni sur les mots-clics, appelés hashtags. Nous nous en tenons à des mots-clics descriptifs, par prudence, et non parce qu'un texte l'exigerait. Aucun texte ne se prononce non plus sur l'existence d'un compte de cabinet : ce que l'Ordre admet, c'est la mention de vos réseaux sociaux sur vos documents professionnels et dans les annuaires.

Un point est tranché deux fois par la Lettre de l'Ordre 196 : un compte personnel qui sert à passer des informations professionnelles est traité comme un compte professionnel. Le compte privé n'est pas une échappatoire.

Reste à décider quoi publier en premier. Commencez par ce que vos patients vous demandent déjà au téléphone : notre page réseaux sociaux du cabinet dentaire prend la suite.

À lire ensuite

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande sur ce sujet.

Un patient peut-il autoriser la diffusion de son visage sur l'Instagram du cabinet ?

Non. Les recommandations du Conseil national écrivent que le visage doit être flouté même si le patient souhaite donner une autorisation expresse de diffusion de son image. Le secret professionnel est un principe dont le patient ne peut pas délier son praticien. Un cadrage sur les dents, sans aucun élément identifiant, est la seule voie sûre.

Peut-on publier ses honoraires sur Instagram ?

L'obligation d'information sur les honoraires, posée par l'article R.4127-240 II, se remplit sur votre site, pas sur un réseau social. Une publication peut renvoyer vers votre page honoraires et vers l'annuaire santé d'ameli.fr. Ce qu'il faut éviter, c'est le montant mis en scène : un tarif barré, une réduction limitée dans le temps, une comparaison avec ailleurs.

Un compte personnel de praticien échappe-t-il aux règles de l'Ordre ?

Non, dès lors qu'il sert à passer des informations professionnelles : la Lettre de l'Ordre 196 le dit à deux endroits. À titre strictement privé, hors du champ de la profession, l'Ordre répond oui à une activité de créateur de contenus. La ligne se déplace dès qu'apparaissent un lien avec votre exercice, une marque ou une rémunération liée à l'audience.

Et maintenant

Parlons de votre cabinet.

Le plus simple est de demander votre diagnostic : vous verrez votre place réelle sur Google, sur la carte et dans les IA, et nous la commentons ensemble en visio.

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